Le poète est voleur de feu

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Le thème de la semaine

« Le poète est vraiment voleur de feu« , c’est en tout cas ce qu’avançait Arthur Rimbaud.

Que vous vous reconnaissiez ou pas dans cette veine de poésie, laissez-vous inspirer par cette affirmation d’un des immenses « poètes maudits » :

– soit en écrivant un poème,

– soit en nous parlant de votre vision sur la poésie,

– ou encore en nous racontant la vie d’un poète, réel ou imaginaire.

Quoi qu’il en soit, vos textes doivent nous parvenir avant dimanche 29 mai minuit à l’adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com

 

Le poète est voleur de feu, le ciel avers.

Il est rocher. Tourne l’ellipse face à face.

Il cherche le foyer et fouille, de son biface.

Ravine l’isocèle, travaille la matière. .
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Le poète est sourcier, plonge dans le magma

Et se permet, quelle insolence, de fureter

À travers le chaos. Le poète, maladroit,

Offrira à ses pairs ce qu’il a arraché.

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Il tendra fier la braise. Il la leur montrera

Et leur dira combien ce fut si déchirant,

Combien il est petit dans ses balbutiements.

Il confiera sa rose et s’en retournera.

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Et l’on verra mystère, dans son dos les deux ailes,

Éthérées et fécondes. Le poète voleur

A ramené de loin la petite étincelle,

La parole perdue, le murmure du coeur.

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Il a su dérober à l’ombre de ses mains

Le joyau clandestin, un maître souverain.

Et chacun sait dès lors qu’il détient en son sein

L’impatiente douceur d’un amour orphelin.

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À chacun son destin, son âme de poète,

Son désir, son écho et à chacun sa quête.

Et ce reflet que j’aperçois en résonance

Au revers de tes pas, dans tes yeux quand tu danses.

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prunelles

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embellie

Il est un lieu sur terre, un foyer d’élégance.

Il est un temps sur terre, une allée de jouvence.  

Quand le regard lucide saisit l’incandescence

Timide et le discret murmure d’une présence

Étrange et étrangère, pourtant si familière.

C’est ton âme qui point, ton âme aventurière.

Il suffit d’écouter, il suffit de se taire.

Alors cette contrée, alors cet éphémère

 Se posent sur la brise, bluettes sur l’autel,

Élevant l’oraison disposée en ombelle,

Comme l’enfant soulève en voyant l’hirondelle,

Son petit nez mutin, son rire pimprenelle.

 

prunelles  

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raffinement

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La concierge est à l’opéra

Et suit avec avidité

Les mouvements de l’interprète,

La poétesse ! Elle s’imagine,

Tout en émoi, être Ernestine.

Et c’est avec gracilité

Que se dandine son aigrette.

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La conferve, livrée d’apparat,

S’y croit : Ermanno est si beau !

 Son corps se lance dans l’action :

Il dodeline de la tête,

Frôle le chabot du jabot

En esthète expérimenté.

 

Il en fait gonfler sa jaquette.

Soudain,   c’est la consternation !

Toutes les attaches ont craqué !

La concierge est dans de si beaux draps qu’elle s’est chambardée en pivoine.

 

Chute :

Cette concierge-là n’a de « concierge » que le côté « commère » car en réalité elle est apothicaire.

 

Avec les compliments d’un « hérisson » bien « élégant »* !

 

*

 

prunelles

 

 

 

 

 

 

 

sobriété

Il regardait son compagnon de route qui sautillait sur la marelle.

Leurs regards se croisèrent.

Le jeune adolescent tremblotait sous la brise et son cœur embaumait.

Le plus ancien ne vit que son pantalon sale et sa chemise nue.  

Il se croyait profond comme un lac de montagne.

Son aplomb accablant effleura le bras blanc et puis s’évapora.

La compassion alors troubla l’un des miroirs et au soleil on aurait dit un arc-en-ciel.

L’oiseau se tut.

prunelles

La sente

IMPROMPTU
Après vous avoir fait voler tant de rimes toute la semaine écoulée, nous vous prêtons quelques photos pour un support d’inspiration sur le thème « En pente ».
Si vous souhaitez nous indiquer quelle(s) photo a titillé votre imagination, vous pouvez le faire et elle servira d’illustration à votre publication.
Et si vous préférez nous faire parvenir vos propres clichés ou illustrations, n’hésitez pas non plus, elles seront diffusées.
La seule condition est de nous envoyer votre texte, qu’il soit en prose ou en vers, à l’adresse habituelle impromptuslitteraires[at]gmail.com avant dimanche 24 janvier minuit.

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On montait à la Tour. C’était la première fois pour moi. La nuit tombait. J’aimais monter, prendre le large, la voile en poupe, et m’envoler. Je devais tirer la plus grande des deux luges et parfois le talus résistait. La neige masquait des trous qui paraissaient profonds à mes jambes de sept ans. J’avais les pieds mouillés depuis le tournant « du noyer » et j’essayais de prévenir les chutes. Daniel marchait devant. Il était un peu plus âgé que nous, assez pour s’affirmer en tant que chef. Il savait bien des choses, Daniel. Il avait fait le chemin si souvent. Il s’éloignait loin devant nous pour se sentir plus grand. Simone avait le sac à dos. Parfois elle me ralentissait, s’arrêtait pour souffler. J’avais si peur de l’ombre, derrière la butte : je l’attendais.
Nous arrivâmes de nuit, bien avancée. La cuisine de nos hôtes sentait le lait, exhalait la chaleur dès l’entrée. Les deux enfants furent embrassés. On me toisa un peu. « C’est celle que maman garde », dit Daniel. Le sac fut vidé ; on y glissa un fromage enveloppé. Je regardais fascinée, les mains plier le papier sulfuré avec application, puis le papier journal par-dessus. Des mains noueuses, trapues, géantes, qui savaient travailler. 
Le froid nous ressaisit.  « Je vous attends en bas. » Cria Daniel en sautant sur sa luge. Nous prîmes notre temps. Simone se mit devant. Le sac me gêna tout le long.
Cette nuit-là j’avais le sentiment d’avoir grandi un petit peu plus vite que d’habitude : la lune nous avait suivis, enveloppant ma solitude d’un halo lumineux.

prunelles

SAUVAGE

Le sauvage est pour moi celui qui se croit maître,

Celui qui veut soumettre et se prend pour un roi.

Le sauvage est un traître, son esprit est étroit.

Il se rue sur sa proie, l’enferme, pour se repaître.

 

Le sauvage n’est pas ce fayard, cet ancêtre

Vivant parmi les hêtres, ascendant des gaulois,

Futur aède peut être, au beau et fin minois,

Qui se fait l’avocat, du diable et son triquètre.

 

Le sauvage est souvent un être raffiné

Qui sait séduire, tromper, piller et calculer.

Il vole notre sourire, assouvit ses instincts.

 

L’enfant qui est en nous, à ses côtés s’enfuit,

Le cœur en bandoulière, des cailloux dans la main,

Comme pour se rassurer, guérir de l’infamie

 

Qui le laisse-là, effaré et pantois.

 

prunelles

Groupe d’écriture-lecture partagées, thème commun : « sauvage » ; Vienne, Isère, janvier 2016.

intimité du monde

voeux

Puissions-nous être des artisans, chacun à notre échelle.

Que nos aspirations  nous portent  en Juste retour des choses,   où le monde doit aller :

dans le secret du cœur , chacun rêve de bonheur et de paix,

pour autrui et pour soi.

Les colibris, un jour peut-être, verront avec bonheur leurs efforts fructifier …

prunelles

2015 en révision

Les lutins statisticiens de WordPress.com ont préparé le rapport annuel 2015 de ce blog.

En voici un extrait :

Un tramway de San Francisco peut contenir 60 personnes. Ce blog a été visité 2 100 fois en 2015. S’il était un de ces tramways, il aurait dû faire à peu près 35 voyages pour transporter tout le monde.

Cliquez ici pour voir le rapport complet.

Invitation

 

Citation :

« Venez donc au jardin, j’aimerais que mes roses vous voient ».

SHERIDAN

 

Venez donc au jardin,

J’aimerais que mes roses vous voient.

 

Elles apprécieront vos deux étangs, Monsieur,

Le joyeux et l’ombreux ; s’y plongeront, Monsieur.

 

Cette nuit de solstice où tout est floconneux,

Venez donc au jardin et de vos doigts noueux

Venez les contempler : vous serez fasciné

Par votre ressemblance, corolles satinées.

 

Venez donc au jardin,

Elles s’y plongeront ; la Perle à remonter.

Elles inviteront votre âme à s’épancher.

Vous répandrez alors de votre encens l’essence,

D’habitude cachée.

.

Aucune dissonance en votre renaissance :

Votre Rose Innocence

Aspire depuis toujours, attend tout en dormance.

 

Venez donc au jardin Mon Sieur, mon Hôte, mon dense

Paladin, venez. Entrez dans le Silence,

Et le langage discret des roses épineuses

Éveillera ainsi votre ombre lumineuse.

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Et votre croix s’éclairera resplendissante

D’une lueur secrète, poitrine palpitante.

 

L’hivernage est propice, Monsieur,

Au doux réveil des roses de Noël :

Tout au fond de la Terre et à portée de Ciel.

 

 

Vous ne me reconnaissez pas Monsieur ?

Je suis votre Obligé, Monsieur,

Le Maître de ces lieux,

Le Veilleur de vos nuits,

Gardien du Manuscrit.

.

Vous ne connaissez pas ces lieux Monsieur ?  

Voyez l’orangerie : entrez donc, Monsieur.

Venez donc au jardin, j’aimerais que vos roses Monsieur,

Leurs limbes délicats et les vôtres en éveil …

 

J’aimerais qu’elles vous voient.

Entrez donc Mon Sieur …

 

andrée-prunelles

.

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 prunelles

 

 

 

 

 

 

débordement

Elle court, l’Egalité,

une armée de mains nues

tendues devant.

Derrière, le vent la suit.

Elle court devant la plaie

et plonge, poignets liés,

dans le brasier.

.

Elle court, la Liberté,

poursuivie par un béant caché,

une bouche goulue.

Elle agrippe le trait, disparait.

.

La force centrifuge

était très affamée :

une révolte au fond du ventre,

(le grain était aussi de sènevé),

a soulevé l’armure d’acier,

a fait fondre le tout.

Une rude alchimie posée sur le revers

à peine visible sur le coup.

.

prunelles

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souveraine vestale

La reine de la nuit inspire, invoque pour nous le Seuil dès que l’on s’en revient, dès que l’on s’en retourne.

Cette reine voilée qui travaille en secret ne nous porte pas en son sein.

Elle présente ses fils à la source, afin qu’ils restent droits devant le point.

La souveraine souterraine, les yeux rivés dans les abysses,

clair voit et fend de son trait rectiligne, afin de séparer la couleur, de l’office.

Elle est prêtresse et son silence nous pénètre, dilue l’espace en sa hauteur.

Il n’y a pas de mot pour désigner sa profondeur.

Nous disons simplement qu’elle est « grande », tellement tout cela nous dépasse.

 

prunelles

l’éclaircie, paysage

L’arbre dans la clairière, une main l’a enté d’une pièce d’arbre de verger ; une main d’homme. Quoi d’autre qu’une main d’homme greffe les arbres ?

L’écusson n’a pris qu’à moitié. L’autre moitié est tuméfiée, tant et si bien que l’arbre est claudiquant.

Un fruit mûr est tombé, demi-blessé : a dû se détacher un jour de grande tempête.

La terre lui a prêté un si pauvre limon pour germer, qu’il a erré longtemps avant de s’installer.

Il roule encore, le baliveau complet qu’il va être bientôt, ancré au fin fond de sa nuit.

Sa pupille noire se gorge de l’ardente étoile qu’elle saisit de loin : une fêlure contemple attentivement l’arrivée du bourgeon.

Derrière l’intimité de sa clairière, il y a le soleil et la bourbe stérile.

prunelles

http://helenablue.hautetfort.com/archive/2012/07/20/voluptueuse-transe-douce-errance-dechirure.html

l’orphelin

Je suis venu un jour après la catastrophe

et acculé je me suis installé

au point nommé Petit Bonheur.

 

Enfant déraciné je n’avais pas d’étoffe.

Je suis tombé sur une batelée

qui a pris ça comme un malheur.

 

Et je t’ai bousculé, dérangé, et volé,

volé ta vie, volé ton bien, volé ta mère.

Il a fallu que tu te sentes refoulé

et j’ai levé le lièvre,

de ton instinct primaire.

 

Tu peux garder ton père,

je suis fils des chemins.

.

Tu peux garder ta vie,

la mienne me suffit.

.

Tu peux garder ton bien,

et aussi ton mépris.

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Je suis un déplacé,

je sais toiser aussi

Les gens des tours d’ivoire

imbus d’eux-mêmes.

 .

Macère dans ta haine.

Ce n’est pas mon problème.

.

Je suis un étranger

je ne suis pas de ta famille,

comme il y a longtemps

quand j’étais désarmé,

tu me l’a si bien dit,

sans savoir que

je me suis toujours demandé

ce que je faisais là

et où aller ailleurs.

 

Ma mère n’existe pas ici.

Je te laisse la tienne,

récolte-la car c’est toi sa moisson.

.

prunelles 

 

 

La rue

PAROLES  (TRADUCTION )  :
On m’appelle la rue, moi qui bats le pavé
La rebelle, la paumée
On m’appelle la rue, la rue la nuit, la rue la journée
On m’appelle la rue, aujourd’hui si fatiguée,
aujourd’hui si vidée
comme une petite automate dans la grande citéOn m’appelle la rue, je monte dans ta voiture
On m’appelle la rue de la « mallégresse », la rue blessée
La rue fatiguée de tant aimer

La rue je la descends , la rue je la remonte
je ne me rabaisse jamais même pour vivre
on m’appelle la rue, et c’est ça ma fierté.
Moi je sais qu’un jour, ma chance aura sonné
Moi je sais qu’un jour, après ma journée
un homme bon viendra me chercher
pour toute la vie et sans payer…
Mon coeur n’est pas à louer.

On m’appelle la rue, on m’appelle la rue
une rue de souffrance, une rue si triste
de tant aimer

On m’appelle la rue , la rue, toujours la rue

On m’appelle la rue, toujours insolente
On m’appelle la rue, à tous les coins de rues
On m’appelle la rue,
comme une balle perdue tirée par la vie.
On m’appellent la rue de la déception,
la rue de l’échec et la rue perdue
On m’appelle la rue sans futur
On m’appelle la rue sans issue

On m’appelle la rue, la rue, toujours la rue
Celle que les femmes de la nuit
ne savent plus si elles montent ou descendent
comme de petites automates dans la grande cité

On m’appelle la rue, on m’appelle la rue
une rue de souffrance, une rue si triste
de tant aimer
On m’appelle la rue, la rue, toujours la rue

On m’appelle toujours à n’importe quelle heure
On m’appelle « ma Belle » toujours à pas d’heure
On m’appelle « la pute », mais aussi « Princesse »
On m’appelle la rue, mon titre de noblesse
On m’appelle la rue, une rue de souffrance,
une rue paumée de tant aimer

On m’appelle la rue, une rue de souffrance,
une rue si triste de tant aimer

A la Puri, à la Carmen, Carolina, Bibiana, Nereida, Magda,
Marga, Heidi, Marcela, Jenny, Tatiana, Rudy, Mónica,
María, … María

On m’appelle la rue, une rue de souffrance,
une rue si triste de tant aimer (x 4)